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Crédit: Association des Amis de Notre-Dame de la Légion d'honneur
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L'église Notre-Dame de la Légion d'honneur 

05 novembre 2022 Général
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À Longué-Jumelles, dans le Maine-et-Loire, l'église Notre-Dame de la Légion d'honneur impressionne par ses dimensions, sa tour du clocher flanquée de deux clochetons, ses quatre puissants contreforts qui soutiennent la façade et la tour… 

 

Un peu d'histoire :


En 1847, le curé de Longué, l'abbé Hubert, lance le projet de construction d'une nouvelle église, l'actuelle, Notre-Dame de Thenais étant devenue trop petite et menaçant de s'effondrer : elle datait du XIe siècle et subit de nombreuses inondations. Le terrain est acheté l'année suivante, mais faute de financement, les travaux sont à peine commencés à la mort de l'abbé Hubert en 1851.

 

Son successeur, l'abbé Justin Massonneau, reprend le flambeau et parvient à obtenir en 1855 une subvention de la commune et l'accord du ministère. Une fois les financements trouvés, et en réutilisant au maximum les travaux commencés par l'abbé Hubert tout en diminuant les plans, les soubassements sortent rapidement de terre. La nouvelle église se dessine enfin...

 

Toute la paroisse se prépare à la bénédiction de la première pierre, fixée au dimanche 8 juin 1856. Mais le matin du mercredi 4, le tocsin résonne dans tous les clochers de la vallée, pour annoncer aux habitants une catastrophe qui marque encore aujourd'hui les mémoires : à trois heures du matin, la Loire a rompu la levée à La Chapelle-Blanche. 

 

Cette importante crue de la Loire provoque de gros dégâts dans le village et remet ainsi en cause le financement du projet.

 

Au quotidien, la vie devient difficile. Les deux tiers de la commune de Longué sont sous les eaux, et dans de nombreux endroits, le Lathan ne regagnera son lit que plusieurs mois plus tard. Mille cinq cents habitants ont vu leurs terres et leurs récoltes emportées par le courant, et pour beaucoup, leur maison détruite. Et si le nombre des victimes pouvait être considéré comme relativement faible les jours de la catastrophe, il n'en est plus de même les mois suivants, le dénuement venant s'ajouter à l'insalubrité et à la maladie.

Il n'est plus question pour l'abbé Massonneau de demander à ses paroissiens de participer financièrement à la poursuite de la construction de son église, dont les murs n'arrivent pour le moment qu'à sept mètres de hauteur.
Au contraire, c'est lui qui doit soutenir ceux qui manquent maintenant de tout, malgré les aides qui parviennent de toutes parts.

 

En cette année 1856, les inondations ont profondément marqué l'ensemble de la France, au point que l'empereur Napoléon III vint lui-même sur place pour assurer les sinistrés de son soutien et se déplaça d'abord à Lyon, puis à Angers, où il rencontra en particulier les ouvriers des ardoisières de Trélazé qui avaient été inondées en même temps que la vallée de l'Authion. Quelques mois plus tard, le 18 avril 1857, il nommait chevalier de la Légion d'honneur ceux qui avaient fait preuve d'héroïsme pendant cette période. L'abbé Massonneau, dont les journaux locaux avaient souligné la courageuse conduite, était de leur nombre.


Quelques semaines après avoir été décoré de la Légion d'honneur, et se rappelant la parole du Saint Curé d'Ars "De grands personnages vous soutiendront", il eut l'idée d'intéresser à la construction de son église ceux qui comme lui s'étaient distingués par leur courage, et en avaient été récompensés par le ruban rouge. Son appel rencontre un vrai succès (plus de 2000 membres, militaires et civils, « ses collègues en ruban rouge » comme il les appelait, souscrivent généreusement entre 1857 et 1860) et permet ainsi d'achever la construction de l'église, en particulier la réalisation des vitraux. Aussi, en reconnaissance de leur participation, l'abbé Massonneau, en accord avec son évêque, souhaite que son église soit consacrée sous le vocable de Notre-Dame de la Légion d'honneur. La cérémonie de consécration a lieu le 3 juillet 1860 et elle est présidée par l'archevêque de Tours, Mgr Guibert.

 

***

La statue de Notre-Dame de la Légion d'honneur 

 

En sortant de l'église, si on traverse son parvis et le jardin qui le prolonge, on arrive sur l'avenue Victor Hugo. A son extrémité, près du Lathan, se dresse sur la place du même nom la statue de Notre-Dame de la Légion d'Honneur.

 

La Vierge se dresse sur un socle posé sur une terrasse d'ardoise. Elle porte au cou la médaille de la Légion d'Honneur. Derrière elle s'élève un portique en arc de cercle, composé de quatre colonnes qui supportent un entablement complet. L'ensemble évoque nettement les monuments de la Grèce antique, et plus particulièrement sa source d'inspiration, le Parthénon d'Athènes.

 

L'initiative de sa construction revient à l'abbé Gerfaut. Au début de la seconde guerre mondiale, voyant les soldats de Longué qui avaient été faits prisonniers et envoyés en Allemagne, il avait fait le voeu de remercier de cette manière la Vierge si tous revenaient vivants. Tous revinrent sains et saufs, mais l'abbé Gerfaut, décédé en 1941, ne put tenir sa promesse. Ce fut son successeur, l'abbé René Loire, qui s'en chargea.

 

L’œuvre fut réalisée sur les plans de l'artiste-architecte  Gabriel Loire, maître-verrier à Chartres, et la mise en place par l'entrepreneur longuéen Léonce Auvray.

 

Pour plus d'informations :

  • site de l'association des Amis de Notre-Dame de la Légion d'honneur http://notredamelegionhonneur.fr/index.html
  • Le livre de Charles Baussan "Notre-Dame de la Légion d'Honneur" datant de 1945 donc plutôt en bibliothèque.

 

Galerie photos




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