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Souvenirs de pension de Denise, 1934-39 (5) : Les matières générales (1)

15 mars 2022 Témoignages
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Nous continuons avec les souvenirs de Denise PUTFIN (PETIT 1934-39) qui a fréquenté les Maisons d'Écouen de 1934 à 1936 puis de Saint-Denis de 1936 à 1939 car vous avez été nombreuses à lire les premiers chapitres. Nous remercions beaucoup Marie-Sophie MIOTTO qui nous a envoyé le recueil des souvenirs de sa grand-mère ainsi que Guy PUTFIN, fils de Denise, qui nous a procuré quelques photos que nous avons complétées avec des photos d'archives de l'association.

5. Les matières générales (1)

L'allemand

Pour chaque matière, nous avions un professeur différent, ce qui changeait de l'école primaire. A chaque cours, on nous donnait leçons et exercices pour le cours suivant et qui devaient être faits uniquement dans l'heure d'étude impartie à cette matière. Je pense que l'avantage de cette façon de faire était de nous apprendre à nous organiser et à ne pas délaisser une matière au profit d'une autre. Plus tard, à Saint-Denis, les études étaient libres.

Il y a une matière par contre dont je dois parler plus longuement, c'est l'allemand, qui fut toujours ma bête noire. Comme je l'ai dit au début, j'avais déjà fait connaissance avec le professeur Mademoiselle Schlégel, et voilà que deux jours après, elle me retrouve en classe violette* avec des élèves qui en étaient à leur deuxième, voire même leur troisième année d'allemand.

* le jour de la rentrée, je fus appelée chez Madame l'Intendante qui était la directrice de la maison et en particulier directrice des études. Elle me demanda ce que j'avais fait jusque-là ; bien sûr elle le savait puisqu'elle avait mon dossier sous les yeux, mais c'était pour me faire parler et cela m'intimidait beaucoup. Comme j'avais mon certificat d'études, je devais aller en violette B, c'est-à-dire en 5e primaire supérieur. J'étais ravie d'un sens, car je ne serai pas une petite verte, mais angoissée de me retrouver en classe violette, avec des élèves de 2e année. Je ne voulais pas avoir l'air godiche à leurs yeux. Je dus donc faire un petit déménagement, tant au point de vue classe qu'au point de vue dortoir. Ce dont j'étais également contente, c'était de ne plus avoir une Cicérone derrière moi pour m'initier, mes nouvelles compagnes s'en chargeront. Je dois dire que les élèves de cette classe ainsi que la surveillante de classe Madame Tisserand furent d'une très grande gentillesse envers les trois nouvelles dans le même cas que moi, et je garde d'elles un très bon souvenir - je dus tout de même faire de gros efforts pour m'intégrer, car en plus du règlement intérieur que mes compagnes s'ingénièrent gentiment à m'inculquer, il fallut m'accommoder au mode d'enseignement très différent de l'école primaire, avec un professeur pour chaque matière. En plus, je me retrouvais en 5e, avec des lacunes qu'il me fallut combler tant bien que mal.

Je dois dire que pour l'anglais, il y avait deux cours différents dans chaque classe, un de niveau faible et un de niveau plus fort, mais en allemand ça n'existait pas, car d'une part, il n'y avait qu'un professeur pour toute la Maison et d'autre part, nous étions peu nombreuses. Je fus donc obligée de suivre le cours, coûte que coûte, mais ne je suivais pas, j'étais complètement noyée. Mademoiselle Schlégel me voyant désemparée, me proposa d'aller la retrouver le dimanche après-midi dans une classe qu'elle surveillait pour m'expliquer les déclinaisons et la construction des phrases. Cela ne me disait rien d'aller passer les deux heures de loisirs très relatifs que nous avions ce jour-là. Je n'y suis jamais allée et je lui disais que j'allais au parloir tous les dimanches. Je crois qu'elle a dû se rendre compte que ce n'était pas toujours vrai, elle n'insista pas, mais me le reprocha souvent par la suite en me disant que je n'avais qu'à ne m'en prendre qu'à moi si j'avais de mauvaises notes. J'appris à lire et à écrire l'allemand en lettres gothiques. J'apprenais des listes de mots dont je ne retenais pas la moitié, ainsi que les règles de grammaire que je ne mettais pas en pratique. Je ne comprenais rien du tout aux déclinaisons. J'obtenais parfois une note convenable à cause des leçons que je récitais, mais en écrit, je ne dépassais pas souvent plus de 2 ou 3. J'étais vraiment désolée, car je me faisais une joie d'apprendre l'allemand et pouvoir parler avec ma grand-mère, mais je ne me doutais pas que c'était si difficile, je croyais qu'il y avait un truc pour trouver les mots. Par contre, je me souviens de ma première poésie dont le refrain était : "Röslein, Röslein rot, Röslein auf der Heide !" et mon premier chant à Noël : "Ô Tannenbaum, ô Tannenbaum ! Wie treue sind deine Blätter !". J'étais tout de même contente de pouvoir dire ça chez moi.

Les sciences

Une des matières qui me combla, furent les sciences. En violette nous commencions la physique et la chimie. Pour cela, nous allions au laboratoire de sciences. Les premières leçons en chimie étaient sur les corps simples et les corps composés, les molécules et les atomes. Il était dit que l'atome était la plus petite particule qui puisse exister, on ne parlait pas de la désintégration possible de l'atome, donc les neutrons, protons et électrons n'étaient pas connus. Les cours étaient accompagnés d'expériences, très simples au début. La première était de tremper un papier dans la teinture de tournesol que les acides faisaient virer au rouge et les bases au bleu.

Il y avait un alambic pour la distillation et toutes sortes d'instruments pour la physique. Nous faisions aussi des sciences naturelles et cette année-là, comme c'était de la botanique, nous fîmes un herbier. Tout cela me plaisait beaucoup et j'y fus toujours une bonne élève ainsi qu'en mathématiques. C'est également en violette que nous commencions l'algèbre et la géométrie.




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